mardi 14 février 2012

Interview d'Estelle Billon Spagnol par Anne-Gaëlle Balpe

Interview d'Estelle Billon Spagnol par Anne-Gaëlle Balpe

Raconte-nous TOUT : ta naissance, ta première piscine sans bouée, ton premier dessin et ton premier bouquin… comment en es-tu arrivée là ?

Estelle Billon
Alors... Je suis née en 1977, au milieu des vignes champenoises. J'allais à la piscine chaque mercredi soir et après c'était pizza. J'ai toujours dessiné et peint. Des trucs comme ça, avec des histoires parfois, des toiles surtout, dans mes carnets "intimes" plus tard. Quand j'ai commencé à bosser, j'ai tout stoppé, j'avais d'autres priorités et d'autres envies. Et puis à 30 ans j'ai eu besoin de tout reprendre. Sans savoir que j'allais le faire sérieusement. Au départ, sans vraiment penser à l'édition jeunesse, c'est venu naturellement. Pendant un an je n'ai fait que ça : dessiner, sans autre but que de retrouver "le truc". Et puis par la magie du net, j'ai osé ouvrir un blog, j'ai osé mettre des dessins dessus, j'ai rencontré des auteurs, j'ai osé faire des projets à deux, j'ai osé les montrer, j'ai osé démarcher des éditeurs... Et voilà.

Tu préfères… dessiner avec des mots ou écrire avec des images ? Plus sérieusement (parce que tu le vaux bien), de tes casquettes d’illustratrice, d’auteur et d’auteur-illustratrice, laquelle te va le mieux (je veux dire, à part la pomme de pain que tu aimes porter sur la tête) ?

Oh la la........... La pomme de pin me va bien oui mais la casquette....

J'aime bien faire les trois : j'aime le côté 100 % moi, parce que du coup je suis tranquille (!), le projet évolue à mon rythme, sans étape, tout est mélangé, l'écriture et le dessin. Et à la fin, c'est une réelle satisfaction d'être allée au bout de ce que j'avais en tête. Mais aussi j'aime le défi de bosser sur les mots des autres, ça m'emmène dans des univers inattendus, ça me pousse à travailler autrement, j'aime aussi l'oeil extérieur, ça me rassure et me booste. Et enfin j'aime écrire et attendre que l'illustrateur m'envoie ses planches. C'est excitant. Pour moi, c'est un peu la "récréation".


En 2010 nous avons découvert « Jacotte » (on notera le nous de majesté), puis, « Jacotte en vacances »… alors… bientôt un « Jacotte boit sa première bière » ou un « Jacotte vote Front de Gauche » ? Es-tu bien consciente que plus tard, les gens détourneront les couv de Jacotte comme ils le font aujourd’hui avec Martine ?

            J'adorerais ça ! Et Jacotte aussi, je pense...

           
En tant qu’illustratrice, as-tu l’impression d’avoir un style, d’en chercher un, ou de suivre ton chemin sans te poser de question parce que le style, ben, on s’en fout ?

           "On" me dit que j'ai un style, mais je n'en sais rien. Ce qui est sûr, c'est que je ne peux pas dessiner autrement mais que je peux m'améliorer, essayer d'autres techniques. À chaque bouquin je me dis "Ho non, fermons les yeux ! Le prochain sera meilleur". Et forcément je regarde le boulot des autres, ça peut être inspirant, enthousiasmant ou décourageant, ça dépend des moments. J'essaie de me raisonner, je ne pourrai jamais être Ungerer, Sempé ou Mélanie Rutten ou Oliver Jeffers (par ex) donc je me force à ne pas me poser trop de questions.

Une actu ? Ou deux ? Une exclu qu’on pourrait revendre sur Ebay ?

Ebay what ?

Petit Lagouin vient de sortir aux éditions Frimousse.

En ce moment je bosse comme une malade sur 5h22, une BD-carnet (je le dis uniquement pour rassurer Séverine Vidal l'auteur et l'éditrice des éditions Frimousse).

Après j'enchaîne avec un troisième tome de Jacotte, (toujours avec Géraldine Collet et Hélium) ! (merci pour tes idées d'ailleurs)


Ultime question mais pas des moindres… ta passion pour les bars… info ou intox ?

Ah ah ah..... Tu sais que dans les bars Anne-Gaëlle, on peut boire des infusions également ? Mais c'est vrai que pas mal de projets ont commencé dans ces endroits qui me servent parfois de bureau, tant le silence de mon appartement me pèse ! Pas toi ?


-bibliographie

La catcheuse et le danseur aux éditions Talents Hauts

À table ! aux éditions Philomèle (texte de Géraldine Collet)

Jacotte aux éditions Hélium (texte de Géraldine Collet)

Jacotte en vacances aux éditions Hélium  (texte de Géraldine Collet)

Ah ! aux éditions Frimousse (texte de Géraldine Collet)

Mister Mok aux éditions Philomèle

Le petit bois du dimanche soir aux éditions Chocolat ! Jeunesse (illustration de Xavier Collette)

Une vache pas cloche ! aux éditions Talents Hauts (texte de Viviane Faudi-Khourdifi)

Petit Lagouin aux éditions Frimousse

-oeuvres à paraitre

En mars, Le jardin du secret avec Céline Lavignette-Ammoun aux éditions Philomèle et La planète des Mius aux éditions Gargantua.

Et en avril Ti-Jack, une bd muette pour les petits, chez Mamut comics.

Et en mai, 5h22 avec Séverine Vidal aux éditions Frimousse.

INTERVIEW d’AGNES DOMERGUE par BAPTISTINE MESANGE

INTERVIEW d’AGNES DOMERGUE par BAPTISTINE MESANGE

Bonjour Agnès,
Agnès Domergue
1) Tu es musicienne et auteure-illustratrice pour la jeunesse. Est-ce que ces deux activités artistiques sont liées chez toi? Tu as fait de la musique ton métier, considères-tu l'écriture et l'illustration comme un deuxième métier?

Au départ, non, ces deux activités ne sont pas du tout liées.
J'ai toujours aimé les livres, mais j'ai toujours voulu être musicienne avant tout, et en vivre.
Alors pour répondre, j'ai du mal à considérer l'écriture et l'illustration comme mon deuxième "métier" bien que cela commence à me prendre beaucoup de temps.
Donc pour moi, ce qui est sûre, c'est que c'est ma deuxième passion.

 2) Que t'apporte la création dans ta vie? En LJ, cherches-tu absolument à créer? Ou est-ce que tu laisses faire les choses, en te disant que ce n'est pas une obligation en soi?
Je pense aux grottes des hommes des cavernes sur lesquelles ont été découverts les premiers dessins de l'Homme. C'est drôle de les imaginer rentrer chez eux après s'être battu avec un mammouth et se mettre à la peinture... Enfin, bref, oui, créer est un besoin humain, non?
Mes personnages arrivent souvent tout seuls, pof, un crayonné sur un carnet de croquis ou un papier qui traîne. Comme le texte (après, il faut retravailler tout ça, biensûr).
Pour un album entier, c'est un peu différent. Il y a une date butoir. Alors, il faut parfois forcer l'inspiration qui ne vient pas à heure fixe ! Mais c'est bien, car moi, j'aurais vite fait de reporter au lendemain et les échéances sont là aussi pour booster !

3) Ton premier album, "Mee, petite fille du matin calme" aborde le thème de l'adoption.C'est un petit bout de ta propre histoire... Tu faisais sûrement des bêtises quand tu étais petite comme la fillette de "Olala!" sorti aux éditions Limonade en octobre dernier (rires)... et un de tes prochains albums à paraître, "Les notes d'Hector Croche" aux éditions Canto, est sur le thème de la musique. Cette part personnelle se retrouve-t-elle dans chacun de tes livres?
Alors, si "Mee" est un morceau de moi, même carrément, "Olala !" pas du tout : j'étais sage comme une image, petite, siiii! Et puis le texte est de Lisa Charrier et non de moi. Tu me diras, le texte de "Mee" est de Marie-France Chevron, mais c'est différent, car avec Marie France, nous nous étions entendues pour aborder un thème précis.
Par contre, tu as également raison pour "Les notes d'Hector Croche", les clins d'oeil sont d'ailleurs voulus.  Je me suis dit que je devais bien cela à mon instrument de toujours !
Y-a t-il une part de moi dans l'écriture de mes textes ? Sûrement, de près ou de loin. Volontaire ou inconscient...
Dans mes illustrations, c'est plus difficile à dire.
Je me suis déjà posée la question d'ailleurs, on dit souvent en musique que l'on joue comme on est. Je ne sais pas...
Nous sommes remplis de contradictions, alors...

4) En littérature jeunesse, quelles sont tes influences? Y a-t-il une oeuvre en particulier qui t'ait donnée envie de te plonger dans ce monde du livre jeunesse?
La première illustratrice qui me vient à l'esprit est Martine Delerm. 
Petite, j'avais le disque 33 tours d'Yves Duteil (no comment...) illustré par Martine Delerm. Ses dessins, j'adorais. 
Plus tard, une amie m'offra "Le petit lapin rouge"illustré par Claude K Dubois. Un autre coup de coeur, pour les tons pastels entre autres, et pour le texte de Rascal aussi.
Les influences sont certainement présentes, mais de façon inconscientes car j'essaie de trouver mon propre trait.
Et puis, c'est fou comme mes goûts ont évolués. Je pense à Anne Herbauts, Wolf Erlbruch, des illustrateurs vers qui je ne serais pas aller au tout début. Et j'aime toujours Olivier Tallec (!!!!), Sempé, Eric Battut...

5) Qu'est-ce que tu détestes le plus dans une illustration? Dans un texte? Y a-t-il des thèmes sur lesquels tu ne pourrais pas écrire ou dessiner? Penses-tu pouvoir les détourner pour leur donner de l'intérêt, selon toi?
Hahaha! Dans une illustration, ce que je déteste le plus...c'est difficile à dire...
Quand c'est mièvre, copié, et sans sensibilité ?
Dans un texte, c'est pareil, c'est assez subjectif. On va dire que j'ai du mal à lire un texte mal écrit, mal construit, qu'on oublie vite...
En ce qui concerne les thèmes, tout dépend de comment c'est fait. Je pense au thème de la mort : Wolf Erlbruch, le traite de façon admirable dans "Le canard, la mort et la tulipe". C'est ça le talent.
Quant à savoir si je pourrais illustrer ou écrire sur n'importe quel thème, moi? non, je ne pense pas. Par exemple, je ne voulais pas écrire "Mee petite fille du matin calme", car étant inspiré de mon vécu, j'avais envie que quelqu'un de "neutre" l'écrive, avec son propre style et son recul.
Dans Olala ! il y a une scène de WC que je ne voulais pas illustrer. Mais il a fallu que je m'y colle puisque le texte était validé, donc je me suis creusé la cervelle pour la compo. Bon, je nétais pas mécontente au final. Cependant j'ai une préférence pour les scènes poétiques plutôt que les scènes du quotidien. Puis, il y a des thèmes qui ne m'intéressent pas, tout simplement...
 
6) Tu as commencé par illustrer les textes d'auteurs, puis à écrire tes propres textes, et maintenant, tu écris et illustres au sein d'un même projet . Dans quel rôle t'épanouis-tu le plus? Peux-tu choisir un projet pour chacune de ces trois situations afin de développer ta réponse?
J'ai commencé avec Poki, en effet, mes tous premiers dessins.
J'avais déjà envie d'écrire à ce moment là, mais me lancer dans les deux à la fois me faisait trop peur.
Puis, j'ai rencontré Sandrine Kao au salon de Montreuil. Coup de coeur pour son univers, j'ai donc écrit un texte sur la musique afin de lui proposer. Et Hector Croche était né...
Tu vois, les choses arrivent toutes seules... 
Sinon, en général, je préfère souvent les binômes car je trouve cela plus riche, plus complémentaire.
Par contre, je n'aimerais pas devoir choisir l'un ou l'autre. Car pour chaque rôle, le plaisir est vraiment différent :
-Pour les textes, j'ai une espèce d'obsession... Je ne fais plus que ça pendant quelques jours et j'envoie 102114325 versions à mes binômes !
-Pour les illustrations, je peux être assez sereine ou en stress total (peur de ne pas réussir à faire ce que je veux, de ne pas savoir ce que je veux etc...). Cela dépend de si je me sens libre ou pas. De si cela m'inspire ou pas.
-Pour mon prochain album en tant qu'auteur-illustrateur, je me sens bien, car libre, justement.
J'ajoute pour terminer que chaque projet est un cas particulier... 

7) Sur quoi travailles-tu en ce moment? Peux-tu nous en parler ou est-ce que c'est secret? D'ailleurs, tu as des parutions prévues pour 2012 et même après. Peux-tu nous dire quelques mots sur chacune d'elles?
La seule chose que je peux dire, c'est que je prends un plaisir énorme à travailler sur mon prochain album ! Il contient tout ce que j'aime ! Et sinon, je n'arrive pas à avoir trop de projets en même temps. :-S
Des publications de collectifs dans lesquels j'ai participé doivent sortir très prochainement, et je suis impatiente de les découvrir : comme celui sur la bêtise humaine, "Pense pas bête"chez Ptit Baluchon va être très beau, d'après ce que j'ai pu voir... Je suis contente aussi de la parution en juillet de "Je m'amuse au Japon" chez Limonade car je suis avec ma binômette Marie-France Chevron...
Des albums sur la musique arrivent bientôt : "La symphonie des couleurs" chez Philomèle, il me tarde, car Irene Valente a fait un travail remarquable. Celui des "notes de Monsieur Croche" chez Canto, idem, j'ai hâte (en plus, j'ai eu la chance de voir les BAT, et ça va être superbe car c'est Sandrine Kao aux pinceaux, donc, forcément...), et d'autres devraient peut-être voir le jour, mais je n'ai pas encore les contrats, alors je ne dis rien ! ;-)

8) Quels sont tes projets à venir? As-tu envie d'explorer un autre genre que l'album ?
Pour l'instant, comme je disais, j'essaie de faire chaque chose en son temps... J'aime chouchouter, savourer chaque projet que je fais... L'après-parution est aussi un grand moment.
Et puis, j'ai aussi besoin de me retrouver en tant qu'altiste.
Donc, oui, un jour, j'aimerais écrire de plus longs récits... quand-quoi-où? je ne sais pas encore!
J'ai un brouillon rempli d'idées, mais ce ne sont pour l'instant que des mots par ci par là...Rien de très concret et si ça se trouve, je trouverai cela pourri quand je m'y replongerai ! 
J'ai également envie d'explorer des nouvelles techniques en illustration, je cherche à évoluer d'un album à l'autre.

 9) J'aimerais connaître la définition de l'art par Agnès Domergue, peux-tu me la donner?
Oula! Si c'était moi qui avait inventé la définition de "l'Art", il y a plein d'oeuvres qui n'en feraient pas partie ! :-p Non, sans rire, je serais incapable de donner une définition. Surtout, ça dépend de mon humeur ! Ma définition d'aujourd'hui : l'Aaaart, c'est beau (oui, mais, qu'est ce que le "Beau"???), ça interpelle, ça relève du génie. J'aime aussi quand Gainsbourg parle de l'art majeur, et de l'art mineur.

 10) Pour finir, si tu devais te décrire en trois mots en tant que femme, seraient-ils les mêmes que ceux choisis en tant qu'auteure-illustratrice?
Savoir si l'on se connaît si bien que ça... et en plus, comment perçoit-on mes textes ou illus ?
Je peux utiliser mon Joker ? :-D
Merci Agnès J

Le blog d’Agnès Domergue :
http://agdoalto.blogspot.com

lundi 13 février 2012

Interview de Christine Naumann-Villemin par Sophie Trouffier

 Interview de l'auteure Christine Naumann-Villemin par Sophie Trouffier

Comment es-tu venue à l'écriture ?
Je suis venue à l écriture tout naturellement, à force d’aimer terriblement, maladivement, follement la lecture. Glisser de l’un à l’autre, c’est comme être gourmand et se mettre à la pâtisserie… Enfant, adolescente, j’écrivais la plupart du temps pour mois seule, en gloutonne égoïste, l’idée de faire goûter aux autres est venue plus tard. Plus sérieusement, lorsque j’étais orthophoniste, j’avais souvent du mal à trouver des textes adaptés pour mes petits patients dyslexiques : ils étaient trop grands pour lire des histoires faciles, peu denses, avec un vocabulaire simple. J’ai dû leur faire des textes « sur mesure ». De même, ma première « vraie » histoire, « la tétine de Nina a été écrite pour mes petits accros à la tétine

Boulot, albums, famille... Mais comment arrives-tu à tout faire ?


En fait, l’écriture est le moyen que j’ai trouvé pour rester une rebelle, je suis une espèce de punk pour les maternelles, une hell’s angel des cours de récré : je refuse de m’ennuyer. Je suis révoltée à l’idée de perdre des petits morceaux de ma vie. Alors, quand j’ai un moment pénible et inévitable à traverser : réunion blablateuse, queue au supermarché, embouteillage, je me mets en mode « histoire ». Je construis, j’échafaude, je pars à l’aventure. J’ai appris à hocher la tête à intervalles réguliers, à lâcher des « Mmmm, très intéressant » et à sortir ma carte bleue en quasi hypnose. Lorsque je rentre chez moi et que je m’assois devant mon ordinateur, le texte est quasiment terminé. Ou alors, l’idée était parfaitement farfelue, je l’ai abandonnée mais j’ai traversé l’épreuve sans dommage et c’est toujours ça de pris. C’est pour cela que j’écris peu de romans : cela me demanderait de rester véritablement devant ma table de travail durant des heures. Ce sera pour plus tard, lorsque j’aurai plus de temps à moi ou lorsque j’aurai une maison et des enfants autonettoyants.

Il est dit sur le net que tu as écrit pour ton chat ?! Cela m'a beaucoup amusée mais j'aimerais en savoir plus sur ce mystérieux ouvrage pour félins !
C’est une histoire familiale. Mes enfants m’ont fait remarquer un jour que j’avais dédié des histoires à tous les membres de la famille, sauf au chat. Comme nous étions les esclaves d’un animal totalement maniacodepressif, nous avons pris l’habitude d’excuser ses sautes d’humeurs en raison de ses démêlés avec le « Plus Méchant Hamster Du Monde », sorte d’ennemi héréditaire qui causait bien des malheurs à notre pauvre matou. On doit en être à environ 800 épisodes. Il y a eu « le plus Méchant Hamster du Monde a planqué les croquettes de la Lolotte », « Le Plus méchant Hamster du Monde a piqué le chéri de la Lolotte », « Le Plus méchant Hamster du Monde a posé un lapin à la Lolotte »…


Tu écris pour la jeunesse, tu es maman et tu es aussi documentaliste... Tu n'as pas envie, parfois, d'écrire aussi pour les grands ?

Si, si ! Je le fais, régulièrement, par plaisir et par amitié (dans la revue, « les refusés http://lesrefuses.free.fr/: », sous différents pseudonymes). Mais franchement, c’est trop facile ! Trop trop fastoche : on a envie de dire quelque chose, paf, on le dit, avec les mots qu’on veut, les structures de phrase dont on a envie, les ellipses qu’on désire, on peut faire des allusions et se douter qu’elles seront comprises, user de références, être immoral, trash, écrire des gros mots, parler de sexe, inventer des fins atroces... Alors, évidemment, écrire de BONS textes pour adultes, ça doit être autre chose, mais écrire pour adultes, par rapport à l’écriture pour enfants, c’est l’équivalent de la ceinture jaune au judo… Comment ça, ce que je dis n’engage que moi ?

Waouh, tu as une sacrée collection à ton actif, où trouves-tu toujours de nouvelles idées ?

Lorsque je termine une histoire, je suis en quasi dépression : voilà, c’est fini. J’ai rendu tout mon jus, je n’ai plus rien. Il ne me reste plus qu’à commencer une collection de trombones et acheter toutes les saisons de Derrick. Je soupire, je mélancolise…
Ha ! C’était le bon temps, il y a quinze jours, quand j’écrivais des histoires, j’étais jeune, j’étais libre, j’étais born to be wild… Tout ça, c’est terminé… Et puis, un matin, je croise un homme à la boulangerie et je me dis que sa moumoute doit être en poil de yéti. Forcément, avec cette texture et cette couleur… Il se la fait envoyer par un coiffeur spécial qui a ouvert un salon de coiffure tout en haut de l’Himalaya. Il n’a qu’un seul client, évidemment et…

Dans tes albums, dans tes billets sur ton blog, tu as l'air d'avoir un humour à toute épreuve : comment réussis-tu à transmettre ta bonne humeur dans ton écriture, il y a une technique ou c'est naturel ?

Depuis toujours, je vois avec un miroir de sorcière, celui qui déforme. Je ne sais pas si c’est homologué par les ophtalmos ni si ça se soigne. Quand je pleure, je me « vois » avec la goutte au nez, les yeux de lapin russe, le mouchoir en confettis humides. Lorsque je ris, je me dis que j’ai vraiment beaucoup de dents, que je plisse tellement les yeux que je dois ressembler à un kilt, que mon rire est si raffiné que je ne ferais pas tâche dans le film « Gorilles dans la brume ». Ca m’a toujours aidé à dédramatiser, à décaler légèrement les choses, à prendre un peu de distance. J’essaie parfois de créer des choses plus poétiques, tendres ou mélancoliques, mais ce n’est jamais aussi bon que ce que j’ai lu grâce à d’autres… Et puis, rire, faire rire, ça passe directement dans le sang, dans le mien, et, je l’espère, dans celui des enfants…

BLOG AUTEURE

Interview de Christine Alcouffe par Régine Garcia


Interview de l'illustratrice Christine Alcouffe par Régine Garcia 
 
1er/ Bonjour Christine, je suis heureuse de découvrir ton univers, grâce à ce Tour on the books. J’aimerai en savoir un peu plus sur toi, tout comme les lecteurs de ce blog. Peux-tu me dire  d’abord,  quel est l’élément déclencheur  qui t’a poussée dans la marmite aux couleurs ?
Christine Alcouffe

Salut ! Moi aussi je suis ravie de pouvoir participer à cet échange !
Quand j'étais plus jeune, j'avais l'intention d'exercer une profession scientifique, comme mes parents. Je m'intéressais beaucoup à la biologie, notamment, même si je dessinais pour le plaisir. Quand j'ai dû choisir mon orientation, en Terminale, je me suis renseignée lors d’un salon de l'étudiant et j'ai découvert différentes écoles de dessin. C'est à ce moment là que je me suis dit que les métiers de l'image pouvaient être une vraie possibilité pour moi. En rentrant, j'en ai parlé à mes parents, et, bien qu'ils ne connaissent pas du tout ce milieu, ils ont eu l'air beaucoup moins surpris par cette décision que je ne l'étais moi même. Ils m'ont laissé entièrement le choix et m'ont aidé à financer mes études. J'ai eu beaucoup de chance !

2/ Quel est ton parcours personnel ? Est-ce que cela a été facile pour toi de te lancer dans l’illustration jeunesse ?

Mon parcours n'a pas été tout à fait direct : quand je suis entrée en Mise à Niveau, à Lyon, j'avais en fait l'intention de poursuivre par un BTS Communication Visuelle, pour travailler dans la pub. Cette première année d'étude m'a permis de me rendre compte que je pouvais dessiner toute une journée sans problème et que ce monde me plaisait, mais aussi que je tenais trop à mes petits crayons pour entrer dans le graphisme. J'ai donc changé d'école et j'ai intégré Emile Cohl, une école d'illustration lyonnaise, dans laquelle j'ai fais mes quatre années d'études, jusqu'à l'obtention du diplôme, il y a un an et demi.
Après ça, il n'y avait plus qu'à se lancer dans le grand bain, avec plus ou moins d'assurance. Ces écoles ne préparent pas totalement aux difficultés de ce milieu. J'ai eu besoin de plusieurs mois avant de commencer à comprendre ce que les éditeurs attendaient d'un book, et envisager une façon correcte de démarcher les professionnels. D'ailleurs il me reste énormément à apprendre !

3 /Nous savons tous et toutes qu’il est très difficile de vivre de son art. Comment jongles-tu entre le travail alimentaire et ta passion, l’Illustration ?

Pour l'instant, cet équilibre fonctionne ! J'ai eu la chance d'être mise en contact avec le créateur de jeux en ligne Feerik trois mois après ma sortie de l'école. Ils m'ont proposé de travailler avec eux sur OhMyDollz, un jeu de fille basée sur la mode et la décoration. Depuis je produis des objets et des vêtements pour alimenter les fréquentes nouveautés proposées dans le jeu.
C'est un travail alimentaire qui me permet de rester dans le domaine du dessin et de travailler chez moi. A côté,  je fais des illustrations personnelles, dès que j'ai un moment de libre, pour enrichir mon book ou honorer des commandes. L'idéal serait, qu'à force, la proportion de clients particuliers et d'éditeurs soit plus importante que celle du jeu, afin que je puisse voler de mes propres ailes.

4/ Justement, peux-tu me décrire une journée type organisée entre ton travail et ta passion ?

Je profite pleinement du fait de répartir librement mon travail dans la journée. Je me lève aux environs de 8h30 ou de 9h et je me mets au travail, le plus souvent pour OhMyDollz. A midi sonne l'heure de ma pause repas, parfois suivie d'une pause lecture. Je reprends le travail l'après midi et je dine tôt, vers 18 heures. Le soir, quand il n'y a pas de soirée de prévue, ou de cours de danse (je pratique le Hip-hop et la Bachata), je me remets sur la planche à dessin ou sur l'ordinateur, en général jusqu'à 22h30.
Je n'ai pas aménagé mon emploi du temps pour y répartir des plages de travail alimentaire ou personnel définies. Quand il y a beaucoup à faire pour le jeu vidéo j'y consacre du temps, et quand c'est un peu plus calme j'alterne au gré de mes envies entre les deux.
Ça peut paraître un peu rigide comme ça, mais en réalité je profite souvent de la flexibilité de mon planning pour sortir goûter avec des copines ou pour aller faire du shopping !


5/  Ton bel ouvrage illustré Le manuel de survie pour la réussite scolaire de mon enfant est édité aux éditions Tournez la page. Les personnages sont ronds a contrario de tes personnages japonais aux visages plus anguleux. Raconte-nous la naissance de cet album.

J'ai été contactée il y a un an à peu près par Christelle Durantin, la directrice artistique de cette jeune maison d'édition. J'avais envie de m'adresser aux femmes actives depuis que je suis illustratrice, et le projet qu'elle m'a proposé collait parfaitement avec ça, j'ai donc accepté avec beaucoup de plaisir. Il y a eu des moments un peu compliqués parce que les dates de rendu des images étaient serrées et que j'étais sur la création d'un autre livre à ce moment là, mais notre collaboration a été très intéressante.


6/ Quelles techniques utilises-tu ? Quelles sont celles que tu préfères ?

Comme tu l'as noté, il y a deux volets dans mon travail : une partie avec des petits bonhommes ronds, et la deuxième avec des personnages aux traits plus anguleux.
Dans le premier cas, je commence par un croquis sur un carnet, que je scanne. Le reste de la réalisation se fait par informatique, sous Photoshop. Pour le deuxième style je fais tout le dessin au crayon à papier, ainsi que la plupart des motifs, puis je scanne le tout pour faire la colorisation sur ordinateur, en y ajoutant des textures papier piochées à droite ou à gauche.
Clairement, mon outil fétiche est le crayon à papier ! J'aime beaucoup la peinture à l'huile également, mais malheureusement ça fait longtemps que je n'ai pas eu le temps de m'y replonger.


7/As-tu des projets en cours à la recherche d’éditeurs ? Peux-tu nous en parler en quelques lignes ?

Je collabore avec une auteure, Mathilde Pascal, qui m'a écrit un très joli texte jeunesse autour du thème du Moyen-âge. J'ai hâte de pouvoir commencer à travailler dessus, le temps m'a malheureusement fait défaut jusque là.
J'aimerais aussi élargir mes horizons et illustrer des livres parascolaires ou de la presse féminine. Je travaille activement dessus en ce moment.


8/ Tu as une autre corde à ton arc puisque tu donnes aussi des cours de dessin. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Oui, tout à fait ! J'ai commencé à donner des cours de dessin lors de ma dernière année d'étude. J'avais l'intention de le faire depuis quelques temps déjà, depuis que je m'étais rendue compte du plaisir que je prenais à aider et à expliquer des techniques aux élèves des premières années, à Emile Cohl. A la sortie de l'école, j'ai mis des petites annonces dans Lyon pour proposer des cours particuliers et aujourd'hui j'enseigne au rythme de deux/trois cours par semaine.
C'est évidemment un petit complément de revenu, mais c'est aussi pour moi l'occasion de sortir un peu de la maison, de communiquer avec des gens, et de garder une forme d'autodiscipline. En effet, parler des règles à des élèves, leur expliquer comment regarder un modèle, comment tracer des traits me permet de les appliquer plus facilement dans mon travail d'illustration.

Merci Christine de t’être prêtée au jeu, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ton univers.
Merci à toi pour cette interview !

Book en ligne :  http://christinalcouffe.com/

Publications :
Manuel de survie pour la réussite scolaire de mon enfant , de Stéphane Vallée et Christine Alcouffe, aux Editions Tournez la Page.
Les Mystérieux habitants du Piano, livre interactif de Mathilde Pascal et Christine Alcouffe, à paraître aux éditions Zabouille.
Le 21 mars : sortie d'une interview et de deux tutoriels dans le magazine Hors Série Advanced Creation.

samedi 11 février 2012

Interview de Juliette Saumande par Marie Melisou


Interview de l'auteure Juliette Saumande par Marie Melisou

1) Depuis quand et pourquoi écris-tu ? 
En CE1, j’ai inventé les inoubliables (!) mésaventures du Fou du roi dans lesquelles un héros guère héroïque et chantant particulièrement faux sauve un royaume avant de se voir condamner au cachot pour cause de cassage d’oreilles intempestif…
Juliette Saumande
Un saut de puce plus tard (disons quinze ans !), j’ai commencé à m’intéresser de près à la littérature jeunesse, à aller à des salons, faire des stages dans l’édition et lire, lire, lire ! Et c’est là que j’ai fini par m’avouer qu’auteur, ça me plairait bien. J’ai proposé des textes chez Fleurus qui ont été acceptés et ensuite, ça a beaucoup fonctionné au bouche à oreille et au coup de chance. Voilà le comment. Quant au pourquoi… je crois que je ne peux pas m’en empêcher, tout simplement !

2) Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?
Non et c’est d’autant plus compliqué que chaque projet est différent. Je travaille pas mal sur commande, mais j’essaye aussi de développer des idées rien qu’à moi. Et pour ces dernières, la difficulté n’est pas tant de les trouver, mais d’avoir le temps, l’envie et l’énergie d’en faire quelque chose.

3) Quel écrivain es-tu ? Cette fameuse imagination, d’où te vient-elle ? 
Je suis un écrivain (et un être humain) brouillon, dispersé et un poil paresseux. Je fonctionne beaucoup à coup de dates limites, de listes et de petits carnets éparpillés dans la maison et remplis de notes plus ou moins illisibles. Je pense que mes futurs biographes se régaleront ! ;)

4) De quoi t’inspires-tu (en général, ou particulièrement pour très derniers écrits) ? 
Ça dépend, les histoires commencent souvent avec un personnage dans une situation qui ne correspond pas à sa supposée nature (une princesse qui fait la grève du rose) ou à ses espérances (un ogre qui perd ses poils de barbe et sa crédibilité). Mais parfois c’est une petite phrase, un rythme ou une image qui s’invite dans mon cerveau et réclame mon attention. Pas de thème ni de genre de prédilection, mais mes albums sont généralement rigolos (j’espère !), s’occupent souvent de chambouler les grandes figures de la littérature jeunesse (loups, pirates, fées…), prennent le parti des pestes sympathiques et des outsiders, et parlent assez régulièrement de nourriture (les radis et autres artichauts forment une base d’enfer pour nombres d’insultes, de formules magiques ou de mots doux !)

5) Comment crées-tu tes personnages ? Est-ce que ce sont eux qui te mènent ? (Peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?)
Très souvent, le personnage est la clé de l’histoire : il fournit un genre, un cadre et un problème qu’il faudra bien résoudre d’ici la fin. Dans les albums, ils n’évoluent pas trop, mais finissent par accepter leur nature ou la faire accepter aux autres, sauf quelques rares cas d’irrécupérables (comme l’abominable Cornichon dans l’une des 10 histoires de Noël). Dans les ouvrages plus longs, effectivement, certains personnages ont tendance à prendre les commandes. Quand je commence un projet, j’ai une idée de départ, mais rarement d’arrivée. Pour les albums, je me rends compte que la solution se cache souvent dans les toutes premières lignes du texte (comme dans le cas du Père Fouettard qui finit par devenir roi du disco avec son copain Nico) ; pour les romans, ce sont parfois les héros qui décident…

6) As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? 
Question difficile et à réponse variable. Je crois que j’avais la plume facile « avant ». Au début. Mais j’avais peut-être aussi tendance à me répéter, dans les thèmes et dans le ton. Aujourd’hui, je m’efforce de trouver la voix juste pour chaque histoire et de ne pas me rabattre sur les vieilles astuces. Du coup, oui, ça complique un peu le processus, mais ça en vaut la peine !

7) Quel est le livre ou l'album que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ? 
C’est peut-être bizarre, mais je relis rarement mes propres livres et j’ai tendance à les oublier ! Cela dit, l’histoire de Formibarbe le barbu est un peu à part parce que c’est la première que j’ai publiée (chez Fleurus). Les 24 livres et c’est déjà Noël (illustré par Claire Gaudriot) ont aussi une place spéciale parce que leur publication a été un vrai marathon et parce que c’est un des rares livres que j’aie relus depuis sa sortie, et relus, et relus, et que je trouve que ça fonctionne toujours (ouf !). Enfin, mon premier roman (en anglais), qui va sortir ici en Irlande en juin, mérite une mention spéciale, parce que c’est ma première incursion dans la fiction pour les 8 ans et +, que pour une fois je vais habiter dans le pays où mon bouquin sera disponible et qu’on y cause de claquettes, de bouchers et de lapins.

8) Les livres jeunesse des autres auteurs qui t’ont marquée ?
En vrac : les livres de Pierre Gripari (l’Histoire du Prince Pipo et La Sorcière de la Rue Mouffetard), Roald Dahl (aah, Georges Bouillon !), Jean-Claude Mourlevat (euh… tout en fait), Kevin Crossley-Holland (la trilogie d’Arthur, ce type est un génie), la science-fiction de Philip Reeve,  La croisée des mondes, les romans déroutants de Meg Rosoff et Jenny Valentine, les aventures de la famille Aux Petits Oignons de Jean-Philippe Arrou-Vignod, les Moumines, les Moumines, les Moumines !

9) As-tu un livre de chevet que tu aimes retrouver ?
Je n’ai presque jamais le temps de relire quoi que ce soit, à part les albums de mon petit bonhomme qu’on revisite tous les soirs, par cycle (en ce moment ce sont les tout-carton de Leslie Patricelli, Le ballon de Zébulon d’Alice Brière Haquet et Oh non,George ! de Chris Haughton).

10) Une jolie réflexion d'enfant, devant ton travail, que tu gardes comme une pépite ?
Il y a deux ans, dans une maternelle du côté de Saint-Raphaël, je montrais à des Grands comment se fait un album, du manuscrit au produit fini en passant par les corrections, les crayonnés, les essais couleurs, la maquette, l’impression, la reliure, etc. Et ce petit bonhomme, qui était debout depuis un moment et avait visiblement quelque chose de vital à partager, a dit : « Oh là là, ça en fait du travail ! » ;)

Mes albums :
À la recherche du bonheur, illustré par Éric Puybaret (Auzou)
Dans la série Tirligok, illustrée par Antoine Déprez : Tum Tum le gobelin n’a peur de rien, Caracol le korrigan est le roi du guet-apens, Louna la fée n’est pas douée, Panique dans la magasin de Ludek le lutin, La géante Belle-Lurette n’a plus toute sa tête, L’elfe Gariguette mène l’enquête, Le Jour de poisse de la licorne Ki-Lin (Mango)
La princesse O’Petipoi, illustré par Cécile Hurdrisier (Fleurus)
Le coooq Figaro Fleurus, illustré par Dorothée Jost (Fleurus)
24 livres et c’est déjà Noël ! illustré par Claire Les Gaudriot (Deux Coqs d’Or)
Mes camions préférés, illustré par Julie Mercier (Deux Coqs d’Or)
Ma valise de princesses (Deux Coqs d’Or)
Ma première grande histoire de fée, illustré par Madeleine Brunelet (Fleurus)

En compil’ :
Collection Contes et +  (chez Fleurus) : 10 histoires fantastiques ; 10 histoires de pirates ;
10 histoires de princesses ; 10 histoires de Noël ; Même pas peur ! 10 histoires de frissons ; 10 histoires de chevaliers ; 10 histoires de fées ; 10 histoires de loups.
52 histoires pour tous les samedis soirs (Fleurus)
Les Merveilleuses histoires du soir (Fleurus)
100 histoires au hasard (Fleurus)

Les documentaires
Collection c’est pas jeu (Fleurus) : Monstres et créatures de la mythologie, illustré par Patrick Chenot ; Anglais Where is Watson ? Un enquête de Pig Sherlock, illustré par Claire Wortemann

Au rayon scolaire :
Collection Reading Time (Hachette) : CM1 Oliver Twist, Robinson Crusoe, Robin Hood ; CM2 Huckleberry Finn, The Hound of the Baskervilles, Treasure Island

Mes traductions :
Birthmarked, Bannie, de Caragh M. O’Brien (Mango)
Alcatraz, de Brandon Sanderson, 3 romans traduits (Mango)
Le détective invisible, de Justin Richards, 5 romans traduits (Fleurus)
Dinotopia : Le voyage à Chandara (Fleurus)
Les animaux rigolos, 5 albums traduits (Mango)

Interview de Bénédicte Carboneill par Elen Escoat

 Interview de l'auteure Bénédicte Carboneill par Elen Escoat
 
Bénédicte Carboneill
1. Peux tu te présenter rapidement?
Je suis la vache sans tache ( ou presque ), jeune auteur jeunesse, 
maman de trois garçons... je partage ma vie entre l'école où je suis à 
mi-temps ( plus pour très longtemps !) et mon bureau où j'écris le 
reste du temps ... et mon lit aussi ( je suis une grosse dormeuse !! )!
 
2. Depuis quand écris-tu et comment t'est venue l'idée d'écrire?
Je n'écris finalement pas depuis très longtemps... puisque Je t'aime ( 
mon premier album paru chez Auzou ) est sorti en sept 2009.
Jamais je n'aurais pensé devenir un jour auteur jeunesse et encore 
moins en faire mon métier  :)
J'ai commencé par écrire une petite comptine "La Vache sans tache" qui 
est devenue une histoire puis un album...
 
3. Tu es aussi instit, comment concilies-tu les 2 et fais tu profiter 
tes petits élèves de ton talent?
Bien évidemment, je lis mes livres à mes élèves mais du coup, ils sont 
parfois un peu perdu : quand on demande qui a écrit tel ou tel livre 
... j'ai souvent droit à "Ben, m'enfin, c'est toi maitresse !" Heu, non 
je n'ai pas écrit tous ces beaux livres...
 
4. As tu un thème qui te tient particulièrement à coeur? quels sont les 
personnages dont tu préfères écrire les histoires?
Non je n'ai pas de thème particulier : j'essaye de me faire plaisir, 
d'écouter la petite voix que j'ai dans la tête qui me dicte mes 
idées... après j'aime bien les défis et donc essayer de faire des 
choses nouvelles, d'aborder des thèmes particuliers...
Je m'éclate aussi avec Maëlle, notre petite coccinelle, Les Jumeaux que 
je partage avec Ariane Delrieu, Manon que j'ai avec Stéphanie 
Rousseau... C'est tellement génial d'avoir la possibilité de poursuivre 
les aventures d'un personnage ! Je suis aux anges, tellement ravie et 
émerveillée de voir que l'on me fait confiance :)
 
5. T'arrive t il de rêver les histoires que tu vas écrire? Te lèves tu 
parfois la nuit pour écrire des choses afin de ne pas les oublier?
Oui j'en rêve tout le temps ! C'est peut-être pour ça que je dors 
beaucoup !! Toujours est-il que je dois tout de suite écrire mon idée 
sinon le lendemain matin, elle s'est volatilisée :( J'ai donc en 
général un cahier sur ma table de nuit !
 
6. As tu, dès l'écriture, une idée très précise de la représentation de 
tes personnages, et que ressens tu lorsque tu les découvre en 
illustration?
Correspondent ils à l'idée que tu t'en faisais?
Non je n'ai aucune idée précise ( sauf si je m'inspire d'une 
illustration )... je fais entièrement confiance aux illustrateurs : Je 
suis incapable de dessiner quoi que ce soit alors c'est un vrai et pur 
bonheur que de découvrir les merveilles que les illustrateurs ont 
réalisées. Je suis vraiment admirative de leur ( et ton travail en 
particulier !) chef-d'oeuvres :)
 
7. Question indiscrète : que vas tu faire après avoir répondu à ces 
questions?
Là, il faudrait que je termine l'écriture du tome 4 des jumeaux mais 
j'ai 30 petits bouts qui vont arriver ... alors l'écriture sera pour ce 
soir !
Vivement juillet que j'ai tout mon temps libre pour écrire !
 
La biblio est en pièce jointe mais Bénédicte suggère de mettre un lien vers son blog, car tout est dessus

http://lavachesanstache.blogspot.com/

jeudi 9 février 2012

Interview de Marie Mélisou par France Quatromme

                            Interview de l'auteure Marie Mélisou par France Quatromme

1. Marie Mélisou, si tu étais une héroine de roman qui serais-tu et pourquoi ?
Je crois que je serais une femme d'un roman de Joyce Carol Oates qui dépeint avec justesse le quotidien américain dans son oeuvre, une grande fresque du XXème siècle. Je vois un état reculé, la chaleur écrasante d'une minuscule ville, des enfants en pagaille, des hommes usés avant l'âge, des intrigues nouées, une mèche qui tombe, une robe qui colle à la peau, de la poussière des années trente... 
J'adore son écriture riche, colorée, détaillée, et les sentiments humains qu'elle décortique si bien.
Marie Mélisou

Mais je suis très bon public. Je m'enthousiasme pour l'oeuvre d'un auteur (dont je lirais tous les livres), en le défendant bec et ongles, à l'inverse si j'ai le sentiment d'être mystifiée, je suis impitoyable ;-)

2. Marie Mélisou, si tu étais un élément, lequel serais-tu ? Pourquoi ?
Comme j'ai grandi en Corse, où j'étais moitié cabri, moitié dauphin, je serais l'eau ! Je peux plonger, me baigner, jouer, ramer, nager, explorer les fonds marins des heures, des journées, ici ou à l'autre bout du monde, sans me lasser.

3. Peux-tu nous raconter une rencontre littéraire jeunesse déterminante dans ta vocation d'auteure ?
Il y en a plusieurs. Déjà j'ai toujours été une lectrice boulimique, et j'ai toujours écrit.
Par exemple, entre 1988 et 1995 lorsque je lisais à mes enfants (petits) les albums de "Je commence à lire" chez Casterman, comme "Allô Alcide" de André Hodeir/ illustr Véronique Arendt, "Léonie dévore les livres" de Laurence Herbert / illustr Frédéric du Bus ou "Premières amours" de Geneviève Laurencin / illustr Mireille d'Allancé, qui étaient des textes magnifiques et si bellement illustrés, ou les premiers "Cascade" de chez Rageot, j'ai retrouvé ce plaisir de rêver avec des écrits jeunesse, j'ai ressorti ce que j'écrivais ado, mes carnets, mes cahiers, mes "livres faits maison"... Et mes premières histoires sont nées en 1997, publiée en 1998 pour la première fois. Si j'ai fait les Beaux-Arts de Toulouse, puis les Gobelins à Paris, l'illustration aurait dû me tenter, c'est l'écriture qui m'a portée, voire transportée, et même complètement sauvée (je me suis mise à écrire après le décès de ma fille aînée)

4. Marie Mélisou, es-tu une voyageuse ? Est-ce que le voyage est une source d'inspiration dans ton écriture ? Quelles sont tes autres sources d'inspiration ?
Oui, j'aime les voyages. Toutefois, si je prends des cahiers entiers de notes, je m'en sers peu dans mes romans. Mais aussi, disons que mes voyages décrits sont des fonds de tiroirs pour le moment. 

 5. Quel est le meilleur endroit pour écrire ?
Mon bureau, pas touche !
C'est un endroit où l'ordre n'est qu'un amoncellement de couches géologiques où moi seule sais quoi est où !
Lors de cinq déménagements, j'ai reproduit à l'identique "ma tanière" faite de tables, d'étagères, de piles de livres, de photos, d'objets fétiches et de matériel informatique, sinon comment bien travailler ?

6. Comment s'organisent tes journées de travail ?
Une journée de travail idéale est (serait !) sans téléphone. Les copines et les amis savent que le matin "ça bosse". L'après-midi je peux papoter. Je travaille sans compter mes heures, en plein roman je peux rester douze heures à mon clavier, et passer à seulement deux ou trois heures entre deux. Avec des arrêts "cuisine" (gâteaux, chocolats et thés obligatoire !).
Mais il y a aussi les aléas de la vie, depuis bientôt trois ans je m'occupe beaucoup de ma maman Alzheimer. Mon écriture est plutôt en sourdine... 

7. Marie Mélisou, si tu devais mourir demain sur quoi porterait ton prochain texte ? Ce serait de la poésie, un album, un roman ?
J'ai failli mourir plusieurs fois, donc je sais que je ne préparerais rien de spécial ! Je mourrais sans achever le texte sur lequel je suis... et c'est tout... 
En ce moment, un texte court mais percutant sur les différences ( mon credo) et un début de roman pour ados.


Mon actu : 

Un roman de SF à partir de 10 ans, à sortir en 2012 :
"Coline, treize ans et des poussières d'étoiles" (titre provisoire)

Du 29 au 31 mars, Interventions et salon en Vallée de Chevreuse
avec "C'est tellement si bon" qui concourt à un prix littéraire.

Du 23 au 27 mai, Interventions et salon du Livre Perché
à Mostvéjouls.

Du 1er au 2 juin, Interventions et salon de Rognes.

 Interventions ponctuelles à L'Institut des Jeunes Aveugles
de Toulouse.

Ateliers d'écriture poétique.


Merci beaucoup France, c'était de chouettes questions !

Marie.