Interview de l'auteure Hélène Gloria par Sandra Poirotte
Bonjour Hélène,
Bonjour Sandra,
J'ai cru comprendre que dans tes livres,
tu aimais parler de la nature et des animaux, de créatures et de personnages
fictifs. Est ce que tu pourrais nous parler de toi ?
1/ Qu'est ce qui te fait peur ?
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© Hélène GLORIA |
La propagande, les lobbies et la
répression qui vise la ou les résistance(s). Bon d’accord, je plombe un peu
l’ambiance d’entrée de jeu… Désolée ! Cette crainte est sans doute brassée
par le roman sur lequel je travaille actuellement (un récit sur fond d’occupation)
même si l’actualité ne se prive pas pour renforcer ce sentiment.
2/ Qu'est ce qui te rend
particulièrement heureuse ?
Si je conjugue
le bonheur au conditionnel, je serais très heureuse de réaliser le scénario
d’une BD ou d’un film de fiction car j’ai un lien très fort avec l’image.
Sinon, au
présent : me retrouver avec des proches, amis ou famille, autour d’une
bonne table (Ah, la gourmandise !). Un bonheur simple où l’on rit, on se
chambre et on refait le monde.
3/ Si tu rencontrais un génie et que tu
avais le droit de faire trois vœux, quels seraient-ils ?
Le premier
vœu : voir
certaines histoires, auxquelles je tiens particulièrement, prendre vie sous les
traits d’un illustrateur/trice puis se faire adopter par une gentille maison
d’édition.
Je pense
notamment à Callipyge, tu piges ?, une conversation humoristique,
entre œuvres d’art, qui porte sur les formes - des fesses en particulier - et
la dictature des apparences ; ou encore à Ne tombez pas dans le panneau,
qui relate une journée de grève au sein de la grande famille des panneaux de
circulation.
Le second vœu : pouvoir manger du
chocolat, des crêpes et du gâteau breton sans prendre un gramme. Ou
mieux : créer un régime « affinant » à base de pâtisseries (On
ne se refait pas !)
Le troisième
vœu : prendre
le génie en pension à la maison afin de l’avoir sous la main pour le solliciter
sur d’autres vœux auxquels je ne pense pas encore. Ça aussi c’est de la
gourmandise !
4/ T'arrive t-il d'être en colère ?
Oh oui,
souvent ! Alors parfois je fais des cures sans radio ni presse écrite. Et
là, bizarrement, je perds quelques degrés d’intensité colérique. Mais la colère
ou l’indignation m’aident parfois à trouver un début d’histoire. Alors je
continue à user des décibels (oh, l’excuse !).
5/ Quel est ton pire souvenir d'enfance
?
Ouh là là !
C’est un cauchemar récurrent dans lequel je suis en forêt, poursuivie par un
sanglier (merci de ne pas rire !).
Je me souviens,
le matin, je me réveillais avec une boule au ventre, étonnée de ne pas avoir
été embrochée. Un psy pourrait sans doute trouver une explication. En ce qui me
concerne, je voudrais m’excuser auprès de tous les sangliers pour la mauvaise
image que ce souvenir leur fait endosser. Peut-être, pour me faire pardonner,
pourrais-je imaginer une histoire dont le super héros serait un sanglier ?
Réfléchissure, réfléchissure…
6/ Et ton plus beau souvenir d'enfance ?
La colle !
Si mes parents tombent sur cette interview, ils vont me maudire. Je sèche. J’ai
eu une enfance remplie de bons souvenirs. Alors pour en choisir un, plutôt
qu’un autre… Je me rappelle qu’en primaire, l’institutrice nous distribuait de
temps en temps une image et nous demandait d’inventer et de rédiger une
histoire à partir de ce dessin. J’adorais cette activité qui ne m’apparaissait
pas du tout comme un exercice scolaire.
7/ Et à part ça, qu'est ce que tu aimes
le plus dans le fait de faire des livres ?
Raconter des histoires. Observer, écouter
la réalité et puis laisser l’imagination faire son boulot. Se plier aux contraintes
d’un contexte réel ou les contourner. Créer des personnages sympas ou au
contraire de la pire espèce : quelle liberté, quelle jouissance ! Pour Panne de chaudière par
exemple, mon premier roman, l’idée m’est venue un soir en rentrant du travail.
Une grue tarabiscotée extrayait une cabine de peinture d’un garage désaffecté. Je
patientais au volant de ma voiture. Alors a germé petit à petit l’histoire d’un
dragon dont la chaudière interne est encrassée. Il doit la changer s’il veut survivre.
La créature affaiblie passe alors à l’énergie solaire, aidée par deux
garçons : un cuisinier et un maître verrier. Ce dernier lui construit une
armure de verre qui lui permettra de capter la lumière.
Pour Le
grand Bazarbre, je suis partie d’une
remarque de ma fille. Sa langue a fourché : museau-lierre au lieu de muselière.
J’ai ainsi inventé une histoire de droguerie fabuleuse dans laquelle on vient
réparer les mots de travers et guérir les maux en trop.
L’autre principal intérêt d’écrire des
histoires, ce sont les rencontres : les lecteurs bien entendu et en amont
les illustrateurs/trices avec leur univers. Echanger et découvrir la manière
dont les mots ont été interprétés en peintures, dessins collages, etc. C’est un
moment magique.
Merci Sandra pour cette sympathique
conversation.
Plus d’infos :
Bibliographie d’Hélène GLORIA :
-
Panne de Chaudière,
illustrations Sandrine Mercier, ed. Éveil & Découvertes
-
Le Grand Bazarbre,
illustrations Céline Cristini, ed. Henry
-
La révolte des peuples de l’eau, ed. Mic_Mac – Sélection
prix Chimère 2012
sympa d'en savoir plus sur toi, Hélène !
RépondreSupprimerOui, ce site est décidément une riche idée!
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