Interview de l'auteure Annelise Heurtier par Pascale Perrier
Bonjour
Annelise,
1. 1/Annelise,
tu as deux enfants en très bas âge, un travail (autre que l’écriture), et
malgré tout, ta liste de publications est impressionnante ces dernières années.
Quelle potion magique avales-tu pour être capable d’une telle productivité ?
![]() |
Annelise Heurtier |
Facile.
Ici à Tahiti, on a un truc imparable pour allonger nos journées. Ce sont...les
coqs. Ils sont partout ! Dans les rues, devant les écoles, même dans les hôtels
huppés. Et très précisément réglés sur 3H15 du matin. Tu n'as pas le choix :
soit tu te mentalises pour les oublier...Soit tu te lèves et là, un monde de joyeusetés s'ouvre à toi : repassage,
ménage, jardinage tant qu'il ne fait pas
50 degrés ou pourquoi pas, écriture !
Plus
sérieusement, j'imagine que je suis bien organisée...
(en même temps, il m'a fallu presque une semaine pour trouver le temps de m'attaquer à cette interview, donc je crains que ma réputation soit un peu usurpée).
(en même temps, il m'a fallu presque une semaine pour trouver le temps de m'attaquer à cette interview, donc je crains que ma réputation soit un peu usurpée).
2/Pour toi, l’écriture, c’est :
(cocher la ou les bonnes réponses – et on a même le droit d’expliquer pourquoi
en dessous)
2.
* rester pénard chez soi, se lever à point d'heure ou à se mettre à écrire au
beau milieu de la nuit pour ne pas laisser passer un éclair de génie littéraire
(lu sur ton blog)
ha
ha ha ! Je vois que tu as bien préparé l'interview, Pascale !
*
Une nécessité impérieuse, un besoin vital même si elle occasionne douleur et
souffrance (pas lu sur ton blog)
Pour
moi, c'est certainement une nécessité, en effet. Et au fur et à mesure que le
temps passe, elle devient de plus en plus présente - s'il on part du principe
qu'il y a une gradation dans la nécessité-.
Disons
que maintenant, je n'imagine plus ma vie sans. Ecrire, ça fait partie de moi !
Par contre, non, ce n'est pas du tout une souffrance, enfin, ce n'est pas une catharsis, si c'est le sens de ta question.
Par contre, non, ce n'est pas du tout une souffrance, enfin, ce n'est pas une catharsis, si c'est le sens de ta question.
* Une envie du moment, un bricolage qui passe
le temps ; et on verra bien ce que la vie
te réserve pour la suite (encore pas lu sur ton blog)
Au
début, ça l'était...plus maintenant ! Désormais, les seuls "bricolages"
que je connais sont ceux que je réalise avec mes enfants ! Ou mes bidouilles
écolo...Tu as déjà fabriqué du dentifrice ? C'est marrant.
3/Tes
livres s’adressent à des enfants d’âge très varié. Que préfères-tu
écrire : des romans ado ou des petits textes pour les plus jeunes, et dans
quel genre te sens-tu le plus à l’aise ?
Pour l'instant, ce qui est sûr,
c'est que moins il y a de mots et moins je me sens à l'aise ! J'ai plus de mal
à écrire des albums, je crois. Je me sens à l'étroit. Et quand je reçois des
commandes pour des histoires, je commence toujours par négocier un peu de
"rab" ("30 000 signes ? Oui mais avec une marge de 10%, hein ?"
)
Jusqu'à présent j'écrivais assez
naturellement pour des 8/10, mais j'ai découvert un autre style d'écriture avec
mon "Carnet Rouge" et ça m'a vraiment, vraiment plu. D'ailleurs,
c'est le livre que j'ai écrit le plus rapidement, alors qu'il est de loin le
plus long !
4. 4/Tu
vas prochainement publier un texte à sept voix, préfacé par Stéphane Hessel
(rien que ça !). Peux-tu nous parler de cette expérience ?
C'est
à Séverine Vidal et Sandrine Beau que revient la maternité du projet. Ces
deux-là sont infatigables :-) Comme 4 autres auteurs (Anne Gaelle Balpe, Agnès
Laroche, Clementine Beauvais et Fanny Robin), elles m'ont contactée pour me
proposer ce projet. Ravie de cet honneur, j'ai accepté bien volontiers.
Cette aventure a été très sympathique sur de nombreux plans, même s'il est clair que ce n'est pas évident d'écrire à 7. Et puis je me suis fait 6 bonnes copines !
En tous cas, tout est bien qui finit bien, je dirais même extrêmement bien, grâce à notre illustre préfacier ! J'espère maintenant que les lecteurs suivront !
Cette aventure a été très sympathique sur de nombreux plans, même s'il est clair que ce n'est pas évident d'écrire à 7. Et puis je me suis fait 6 bonnes copines !
En tous cas, tout est bien qui finit bien, je dirais même extrêmement bien, grâce à notre illustre préfacier ! J'espère maintenant que les lecteurs suivront !
5. 5/Dans
« Le carnet rouge », tu parles d’une adolescente en quête d’identité,
d’origine népalaise, et qui va découvrir un secret familial. Le Népal, pour
toi, correspond à quelque chose de particulier ?
Pas vraiment. J'ai eu l'idée du
scénario...alors que je faisais une petite revue de presse sur google
actualités ! Pas très poétique, tout ça....Du coup, j'en suis encore au stade
de l'imaginaire. Moi aussi, comme ma narratrice, je rêve mon Népal, j'imagine
les drapeaux qui claquent au vent, les cimes enneigées, l'air immobile dans les
rues de Katmandou, les femmes accroupies qui trient des lentilles, les ascètes
assis sur les ghat...J'espère pouvoir y aller un jour.
6.
6/Quels sont tes projets à venir ?
J'en
ai plein ! Outre les idées de romans qui me trottent en tête, je vais m'atteler
à un challenge un peu plus conséquent : développer les ateliers d'écriture ici,
dans une culture qui n'est pas du tout celle de l'écrit. On m'a dit que le
président local avait déclaré que les livres "ne servaient à rien".
Je n'ai pas vérifié. J'ose espérer que ce n'est pas vrai.
7/Tu habites à Tahiti. De métropole, on
imagine les cocotiers et les plages merveilleuses. A vivre au quotidien, c’est
sûrement différent ( !). Tahiti, nouvelle source d’inspiration ?
Il
y aurait beaucoup à dire, en effet ! De loin, on retient surtout le "bleu
plein les yeux". De plus près, c'est moins paradisiaque qu'on l'imagine.
En même temps c'est normal, on ne va pas faire passer les circuits touristiques
au milieu des bidonvilles....
En même temps je perçois une joie de vivre, une gentillesse et une simplicité qu'on a perdue depuis longtemps en métropole. Il y a quelques temps, alors que je rentrais chez moi avec mon bébé dans l'écharpe de portage, il s'est mis à pleuvoir à verse (et quand je dis "à verse", je n'exagère pas, il faut le voir pour le croire). Bref, à peu près 30 secondes après le début de la douche, une voiture s'est arrêtée et sa conductrice m'a déposée chez moi. Elle m'a même proposé son paréo pour m'essuyer ! Quand je pense qu'à Lyon, pendant toute ma grossesse, personne ne m'a jamais cédé sa place dans le bus...
En même temps je perçois une joie de vivre, une gentillesse et une simplicité qu'on a perdue depuis longtemps en métropole. Il y a quelques temps, alors que je rentrais chez moi avec mon bébé dans l'écharpe de portage, il s'est mis à pleuvoir à verse (et quand je dis "à verse", je n'exagère pas, il faut le voir pour le croire). Bref, à peu près 30 secondes après le début de la douche, une voiture s'est arrêtée et sa conductrice m'a déposée chez moi. Elle m'a même proposé son paréo pour m'essuyer ! Quand je pense qu'à Lyon, pendant toute ma grossesse, personne ne m'a jamais cédé sa place dans le bus...
Bref,
ici, la vie est douce comme du lait de coco...j'espère que ça va durer !
Merci Annelise
!
Merci Pascale !
Bibliographie
On n'a rien vu venir, collectif, Alice Jeunesse, mars 2012
On n'a rien vu venir, collectif, Alice Jeunesse, mars 2012
Mon livre pour épater les
grands, collectif, Fleurus, mars 2012
Bertille au chocolat, Alice
Jeunesse, janvier 2012
La fille aux cheveux d'encre, éditions Casterman, janvier 2012
Le carnet rouge, éditions Casterman, septembre 2011
L'ennui a disparu, éditions Fleurus, mars 2011
Le grand concours des sorcières, éditions Rageot, septembre 2010
Le mystère des lettres de Noël, éditions Averbode, décembre 2009
Les étranges disparitions, Actes Sud Junior, octobre 2009
La tête dans les nuages, Milan Presse, juin 2009
Tu seras pirate, mon fils ! editions Rouge Safran, février 2009
Un sort renversant pour Mirabelle, éditions Averbode, sept 2008
Ma grand-mère a un amoureux, éditions Magnard, sept 2008
Moi, peur ? Jamais ! Milan presse, mai 2008
Un après-midi de chien, Milan presse, mai 2008
Sidonie Quenouille, éditions du Rouergue, avril 2007
L’opération Boite à Musique, éditions Averbode, sept 2006
La fille aux cheveux d'encre, éditions Casterman, janvier 2012
Le carnet rouge, éditions Casterman, septembre 2011
L'ennui a disparu, éditions Fleurus, mars 2011
Le grand concours des sorcières, éditions Rageot, septembre 2010
Le mystère des lettres de Noël, éditions Averbode, décembre 2009
Les étranges disparitions, Actes Sud Junior, octobre 2009
La tête dans les nuages, Milan Presse, juin 2009
Tu seras pirate, mon fils ! editions Rouge Safran, février 2009
Un sort renversant pour Mirabelle, éditions Averbode, sept 2008
Ma grand-mère a un amoureux, éditions Magnard, sept 2008
Moi, peur ? Jamais ! Milan presse, mai 2008
Un après-midi de chien, Milan presse, mai 2008
Sidonie Quenouille, éditions du Rouergue, avril 2007
L’opération Boite à Musique, éditions Averbode, sept 2006